L’Institut Balanitès porte une expérience scientifique de grande ampleur sur l’acclimatation en France du Balanites aegyptiaca, un arbre emblématique du Sahel. Une façon de trouver des solutions nouvelles pour préserver nos forêts et communiquer sur le Grande Muraille Verte.
Et si on acclimatait en France métropolitaine une essence d’arbre typiquement africaine ? C’est le nouveau projet de l’Institut Balanitès pour l’année 2026. « Il ne s’agit bien entendu pas d’en planter partout pour remplacer nos chênes mais bien de réaliser une observation scientifique », précise d’emblée Didier Moreau, délégué général de l’Institut Balanitès. « Chaque graine plantée sera liée par un protocole juridique strict et un processus scientifique bien défini. » A Strasbourg, Montpellier, en Gironde ou encore en Bretagne, des spécialistes de la botanique s’apprêtent à démarrer cette expérimentation.
L’Europe face au dérèglement climatique
Sans surprise l’espèce retenue par les experts n’est autre que le… Balanites aegyptiaca. Cet arbre aussi connu sous le nom de « dattier du désert » possède un système racinaire profond pouvant atteindre les 30 mètres, ce qui en fait un modèle de gestion de l’eau. Il résiste très bien aux températures extrêmes et aux sécheresses sévères. Comprendre son fonctionnement sous nos latitudes permettra de mieux s’interroger sur les conditions d’adaptation de nos essences indigènes aux conditions climatiques à venir.
Le protocole d’essais est prêt. Il a été rédigé par le Dr Moustapha Bassimbé Sagna, de l’université Check Anta Diop de Dakar au Sénégal : « Les semences de Balanites aegyptiaca seront collectées au Sénégal, en zone sahélienne, sur quatre individus adultes distincts, explique le Dr Bassimbé Sagna. Les arbres-mères seront sélectionnés de manière à être suffisamment éloignés les uns des autres afin de réduire les risques de parenté étroite et de maximiser la variabilité intragénétique représentée dans l’essai. »
Des lycéens mobilisés
En Nouvelle-Aquitaine, le lycée forestier de Basas en Gironde figurera parmi les premiers à participer à cette acclimatation du Balanitès. Mais ce ne sera pas le seul. Le 4 février dernier, l’Institut a présenté le projet devant plus de 400 lycéens réunis par la Région à Angoulême dans le cadre de la journée « Engagement, parlons-en ! ». Une action menée en partenariat avec le Pacte Mondial des Jeunes pour le Climat (https://globalyouthclimatepact.eu). Des représentants de plusieurs établissements ont répondu à l’appel. Ils recevront un lot de graines à planter. Les jeunes volontaires devront ensuite suivre méthodologiquement le développement des plants…..le début d’une aventure !
Par ce projet, l’Institut souhaite aussi communiquer sur les enjeux de la Grande Muraille Verte au Sahel et sensibiliser le plus grand nombre au dérèglement climatique. L’Institut veut également inverser le regard traditionnel de l’aide au développement : en travaillant sur l’acclimatation du Balanites aegyptiaca en France, il prépare nos propres écosystèmes européens aux climats arides de demain. Cette démarche prouve que l’Afrique n’est pas seulement un terrain d’intervention, mais un laboratoire de solutions vitales pour le futur du Nord.