Les grandes perturbations climatiques que connaît aujourd’hui la planète nécessitent des réponses appropriées. Pour lutter comme le réchauffement, une des meilleures solutions consiste en la multiplication de zones vertes. En milieu urbain, bien sûr, mais surtout dans les territoires marqués par une sécheresse chronique comme il en existe un peu partout dans le monde.
Si la moitié de la population mondiale vit à proximité d’un cours d’eau douce, 40% habite le long des côtes. Les autres vivent dans des zones à fort déficit hydrique. Pour palier au phénomène de désertification, des pays ont opté pour la mise en place de « barrières vertes » dans les zones semi-désertiques très fragiles comme dans les pays sahéliens ou en Chine. Ces projets dénommés « Grande Muraille verte », pour difficile que soit leur mise en place, présentent déjà des réponses scientifiques sur l’impact de la régénération forestière sur la séquestration du carbone au travers de l’exemple du désert du Taklamakan en Chine. Ces résultats intéressent au premier chef les projets menés en particulier au Sahel.
C’est le dossier de la semaine préparé par Mégane Makan.
Contexte
Le désert du Taklamakan, situé dans le Xinjiang (Chine), est l’un des plus grands déserts de sable mobile au monde (337 000 km²). Entouré de montagnes (Tian Shan, Kunlun, Pamir), il connaît un climat hyperaride (précipitations < 50 mm/an) et des tempêtes de sable fréquentes. Les oasis en périphérie abritent des populations et une agriculture fragile, menacées par la désertification.
Dès les années 1980, la Chine lance des programmes pour stabiliser les dunes et protéger des infrastructures comme l’autoroute du Taklamakan. Une ceinture végétale (espèces résistantes : Haloxylon ammodendron, Populus euphratica) est plantée, irriguée par des systèmes goutte-à-goutte alimentés par des puits. Ces plantations réduisent l’érosion éolienne et améliorent les sols.
Impact sur la séquestration du carbone
Les études révèlent que les zones reboisées deviennent des puits de carbone, stockant le CO₂ dans la biomasse et les sols. Entre 2003 et 2022, 5 295 km² de désert ont été végétalisés (prairies, forêts), contribuant à la lutte climatique.
Le projet a stabilisé les dunes, amélioré la biodiversité et séquestré du carbone. Cependant, il dépend fortement de l’irrigation artificielle (coûteuse et énergivore) et reste vulnérable à long terme. Il inspire des initiatives comme la Grande Muraille Verte africaine, mais sa reproductibilité est limitée par les ressources locales.